SoBD 2013, conférence sur l’édition numérique : #2 Modèles économiques de la BD numérique

Conférence édition numérique au SoBD 2013 : les modèles écomiques

Dans cet article à propos de la conférence sur l’édition numérique au SoBD 2013, nous allons aborder les modèles économiques de la BD numérique. Si vous avez raté la première partie, c’est par ici !

Mise au point sur l’évolution du numérique

Tout d’abord, il est important de noter que la question de la bande dessinée numérique se pose en France depuis environ quinze ans. Mais le web d’aujourd’hui n’est plus le web d’hier : en effet, nous sommes actuellement au web 2.0, c’est-à-dire un web social, collaboratif, où les réseaux sociaux ont une place importante, tout comme la mobilité connectée avec la démocratisation des smartphones et des tablettes.

De plus, les ordinateurs sont plus performants, les connexions Internet plus rapides et permettent donc de charger des documents plus lourds qu’auparavant, ce qui signifie plus de possibilités pour la bande dessinée numérique.

Selon moi, c’est un point important (et il n’a pas été réellement abordé lors de la conférence) puisqu’il implique une évolution des services de lecture et d’appropriation des bandes dessinées, entre ce que les éditeurs ont, et auraient pu, proposé il y a dix ans, et maintenant.

Premiers constats des conférenciers

Les conférenciers ont commencé par un constat simple : si le téléchargement illégal de bandes dessinée existe, et il est prouvé par l’étude du MOTifobservatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France que c’est le cas, il existe donc un besoin, une demande de bande dessinée numérique, et donc une niche pour un marché légal. La plupart des conférenciers dénoncent paradoxalement la microscopie actuelle du marché de la bande dessinée numérique en France en citant en exemple le peu d’abonnements à des services comme Izneo, qui s’élèverait de 2000 à 3000 personnes. Par ailleurs, le nombre de ventes assez faibles de bandes dessinées par Amazon pour la Kindle est aussi montré du doigt par certains comme un échec de la bande dessinée numérique.

ComiXology et BDbuzz, des applications mobiles de lecture de bandes dessinées

ComiXology et BDbuzz, des applications mobiles de lecture de bandes dessinées

Sylvain Insergueix, ancien éditeur et libraire, va jusqu’à affirmer que si les éditeurs se lancent depuis deux ans sur des offres numériques en ligne légales (notamment via les applications BD Izneo et ComiXology), c’est uniquement pour ne pas rater la marche du numérique.

Il répète par ailleurs que le marché du numérique ne rapporte actuellement quasiment rien tant aux éditeurs qu’aux auteurs, malgré une politique volontariste au niveau des prix. Travailler dans la BD numérique ne permettrait pas de payer son loyer.

Premiers signes d’incrédulité

S’il est clair que le marché de la bande dessinée numérique n’est encore que peu développé, j’ai des doutes quant à la pertinence de ces exemples choisis, non pas qu’ils soient faux, mais je ne pense pas qu’ils soient forcément les plus représentatifs du marché de la BD numérique d’aujourd’hui. En effet, le service Izneo propose d’autres modes de lecture de bandes dessinées que l’emprunt par abonnement, il y a le simple achat de la bande dessinée à l’unité, qui peut à mon avis être favorisé lorsque l’on commence à utiliser un service et qu’on ne connaît pas encore à quelle fréquence on compte l’utiliser. J’ai moi-même l’application Izneo, mais je n’ai pas encore d’abonnement chez eux.

L'application BD ComiXology sur tablette Android

L’application BD ComiXology sur tablette Android

Concernant la Kindle d’Amazon, il n’est pas surprenant qu’il n’y ait que peu de ventes : elle n’est tout simplement pas du tout adaptée à la lecture de bande dessinée. Cela pose-t-il réellement un obstacle au marché de la bande dessinée numérique dans son ensemble ? Je ne le pense pas, je pense juste que pour l’instant, tant qu’Amazon ne ressortira pas une nouvelle version de sa Kindle et tant que le format ePub 3 ne sortira pas, il sera compliqué pour Amazon et les éditeurs de fleurir sur le marché des liseuses.

Cependant, les liseuses ne sont pas forcément le meilleur angle pour le développement de bande dessinée numérique, surtout que ça reste encore limité à la simple numérisation de la bande dessinée papier. Quid des applications de bandes dessinées dédiées, quid des expériences directement créées pour le web (turbomédia de Malec et Balak, BDs telles que Romain et Augustin, etc.) ? Ces dernières ne dépendent absolument des liseuses, mais plutôt des ordinateurs desktop, des tablettes et des smartphones, qui a l’heure actuelle sont déjà plutôt bien adaptés pour à la fois de la lecture de bandes dessinées papier numérisées à la fois en mode normal et en mode case par case comme le propose certaines applications, mais aussi aux expériences créées pour le web (sauf s’il y a du Flash auquel cas c’est niet pour les smartphones et les tablettes).

Ce sujet vous intéresse ? N’hésitez pas à laisser un commentaire. 🙂 La suite (et fin !) sur les modèles économiques de la BD numérique, c’est par ici !

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